Depuis cinquante ans, trois milliards d'oiseaux d'Amérique du Nord se sont envolés dans la nature... volatilisés ! C'est ce que révèle une vaste étude conduite par des chercheurs qui considèrent ainsi qu'un quart de l'avifaune a disparu, un déclin considérable de la biodiversité où la responsabilité des activités anthropiques pèse lourdement, même si les causes sont loin d'être toutes comprises.
La population d'oiseaux d'Amérique du Nord s'est effondrée d'un quart depuis 1970, soit près de trois milliards de volatiles en moins dans la nature, estiment des chercheurs dans une étude d'ampleur publiée par la revue Science. Les oiseaux des campagnessont les plus touchés, sans doute en raison de la réduction des prés et des prairies, et de l'extension des terresagricoles. L'utilisation de pesticidesest aussi en cause qui, en tuant les insectes, affectent toute la chaîne alimentaire.
Mais, plus inquiétant encore, les oiseaux des forêts et les généralistes (qui s'adaptent à une diversité d'environnement) sont aussi en déclin : 90% des pertes concernent 12 familles d'oiseaux, dont des moineaux et bruants, des parulines, des merles ou encore le chardonneret jaune -- les espècesqui vivent aux Etats-Unis et au Canada ne sont pas les mêmes que dans d'autres régions du globe. Ces chiffres correspondent au déclin observé ailleurs et notamment en France, où l'Observatoire national de la biodiversitéa estimé à 30% le déclin des oiseaux des champsentre 1989 et 2017.